KodakCoin Crypto – de la photo à la finance

La débandade des investisseurs du Bitcoin ne semble pas vraiment avoir sapé le moral des troupes au siège de Kodak. Récemment, les actions de l’entreprise de technologie américaine ont triplé après l’annonce du lancement de sa propre cryptomonnaie, le KodakCoin.

La cryptomonnaie sera utilisable sur KodakOne, plate-forme qui sera lancée sous peu et permettra aux photographes de contrôler les droits d’auteurs sur leurs photos numériques. La plate-forme sera créée en partenariat avec Wenn Digital grâce à la technologie blockchain.

Que le KodakCoin ne puisse être utilisé que sur une plate-forme spécifique pourrait être salvateur pour la cryptomonnaie. Bitcoin, Ripple et Ethereum ont vu leurs prix chuter au cours des dernières semaines suite à un vent de panique insufflé par des menaces de répression contre les cryptomonnaies de la part de la Chine, de l’Inde et de la Corée du Sud, mais aussi suite à l’interdiction de la promotion des cryptomonnaies, des levées de fonds et des options binaires sur Facebook, ainsi que des accusations de manipulation des marchés.

Avec une possible régulation envisagée par les gouvernements et la dégringolade des prix, l’avenir semble soudain incertain pour les entreprises acceptant ce type de paiement (comme les casinos en ligne utilisant des cryptomonnaies, les boutiques d’e-commerce, les commerçants en ligne et autres entités). En fait, la réglementation qui se profile à l’horizon et la perte de valeur pourraient détourner les gens de ces entités au profit des casinos en ligne bien établis et des plates-formes commerciales qui ont su résister à l’engouement général pour la cryptomonnaie et n’ont rien changé à leurs habitudes.

L’annonce de Kodak applaudie

La valeur de l’action Kodak, qui s’élevait à 3,13 $ avant l’annonce du lancement du KodakCoin, avait déjà grimpé de 57 % le jour suivant. Elle a plus que doublé le surlendemain, clôturant à 10,70 $.

Selon le PDG de Kodak, Jeff Clarke, la blockchain et la cryptomonnaie sont des outils technologiques qui pourraient grandement aider les photographes à exercer un plus grand contrôle sur leurs travaux, en leur permettant de définir comment et où ils pourront être utilisés.

Plus qu’une gestion de droits d’auteur

La plate-forme KodakOne, dont le développement doit être financé par une initial coin offering (ICO), ou levée de fonds en monnaie numérique, pourra proposer plus qu’une simple gestion des droits de propriété intellectuelle. La vente des tokens de l’OIC a débuté fin janvier.

Une déclaration de Wenn Digital a confirmé que le développeur envisageait d’intégrer divers services, ainsi qu’un partage des revenus, à la plate-forme.

L’image de Kodak rajeunie

L’entreprise Kodak s’est retrouvée en perte de vitesse après l’essor des appareils photo numériques, des smartphones et autres tablettes. Alors que le besoin en pellicules photographiques, en développement et impression photo diminuait, les finances de l’entreprise s’en ressentaient.

En 2013, l’entreprise s’est déclarée en faillite, avant de se recentrer sur l’impression et l’emballage numériques, ce qui lui a permis d’échapper à ladite faillite… mais de peu. Elle fonde de grands espoirs dans ses projets KodakOne et KodakCoin, s’attendant à ce que cette décision augmente non seulement son attrait et lui redonne une place dans un monde de plus en plus connecté, mais lui permette aussi de se refaire une santé financière.

Sur fond de scandale

Tous les destinataires de l’annonce de Kodak n’ont pas accueilli chaleureusement la nouvelle. Certains ont accusé l’entreprise de se lancer dans une arnaque à la cryptomonnaie.

Selon certains rapports, KodakCoin ne serait rien d’autre qu’un nouveau nom pour la monnaie ICO RYDE, axée sur l’accréditation des photos de paparazzi. L’entreprise de photographie de paparazzi en question est Wenn Media, une filiale de Wenn Digital. Les rapports affirment que la page du projet RYDE sur la plate-forme de financement participatif Start Engine a été supprimée plusieurs jours avant l’annonce de Kodak.

Une accusation peut-être encore plus accablante a été émise par certains rapports affirmant que plusieurs membres du conseil d’administration de Kodak avaient acheté des titres dérivés le jour précédant l’annonce. Ces titres ont permis à ces membres de tirer avantage de la hausse de la valeur des parts de l’entreprise qui a suivi l’annonce.

Il est encore trop tôt pour dire si KodakOne et KodakCoin signeront le retour de l’entreprise et lui redonneront une place dans un monde numérique et mobile ou si elles ne s’avéreront au contraire n’être qu’une arnaque désespérée. Les photographes feraient bien d’attendre un peu avant de se précipiter pour s’inscrire.